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Les enfants humiliés: Journal 1939-1940 Details
«Puissions-nous toujours ensemble, moi et mes livres, être à la merci des passants !»«... il faut beaucoup de prodigues pour faire un peuple généreux, beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre, et beaucoup de jeunes fous pour faire un peuple héroïque.»«... c'est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents.»«... ce n'est pas ma chanson qui est immortelle, c'est ce que je chante.»Georges Bernanos.

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Ecrit pendant la période dite de la "drôle de guerre", ce cahier intitulé "Les enfants humiliés" est celui de la révolte sourde, de l'abattement moral d'un combattant de la liberté, d'un assoiffé de la justice, d'un chrétien tourmenté.Georges Bernanos est un déraciné. Il hait ce terme fourre-tout et pourtant sa déprime le rend proche d'un Stefan Zweig dans Le Monde d'hier qui connaît pareille mésaventure ; une aventure privée d'horizon."On a volé leur patrie aux Français, on la leur a littéralement arrachée des mains, et si ce fait semble continuer à passer presque inaperçu des bourgeois, c'est qu'ils ont moins besoin que les bonnes gens d'une expérience concrète de la patrie, leur sensibilité est faite aux abstractions. Ils conviendront aisément, par exemple, qu'on a volé aux Français leurs provinces, mais ils ne se demanderont pas, ou ils se demanderont rarement, si l'on n'a pas privé ainsi les bonnes gens d'une fidélité intermédiaire indispensable.Qu'un cataclysme anéantisse demain, avec toute vie paroissiale, les curés, les petites soeurs et généralement tout ce qui permet à l'Eglise d'exercer son ministère de charité, ils trouveraient sans doute extraordinaire que le peuple perdît jusqu'au souvenir du nom chrétien, ils l'inviteraient gravement à méditer sur les fondements de l'Ordre catholique romain, à lire et à relire la célèbre préface de M. Charles Maurras".Maurras, dont Bernanos fut proche au début du siècle, est dénoncé ainsi que Briand pour son pacifisme aveugle. L'Etat, la démocratie ont volé la Victoire de la première guerre mondiale à ses combattants, dont Bernanos fut.Sa critique de la bourgeoisie est un écho à celle, que je trouve plus pertinente encore, profonde, réfléchie, du grand résistant, professeur d'histoire à la Sorbonne, combattant décoré des deux guerres, Marc Bloch dans le sublime ouvrage L'Etrange Défaite - qui sera fusillé quelques années plus tard, le 16 juin 1944, par la Gestapo à Lyon.Tristesse insondable, noirceur des pensées, abattement profond. Aucune lumière ne luit dans l'enfer brésilien de Bernanos, à l'image de la nature sèche, brutale, vide d'humanité qui l'entoure.Ce livre est dur à lire. Il faut accepter de partager l'amertume de la soupe de chagrins.


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